La traite fait référence au recrutement, au transport, à l’hébergement, à la réception et au transfert d’enfants à l’intérieur ou à travers des frontières à des fins d’exploitation sexuelle, de travail forcé, d’esclavage, de dons d’organes ou de n’importe quelles autres fins similaires. La traite peut impliquer l’emploi de la force, de la coercition ou de leurres puisque les enfants ne sont pas en mesure de consentir à leur propre exploitation. La traite accroît la vulnérabilité des enfants parce que ces derniers sont éloignés des structures de soutien qui leur sont familières comme leur famille et leur communauté. Les actions visant à combattre la traite d’enfants doivent prendre en compte des conditions qui rendent les enfants vulnérables à ce phénomène et cibler les mesures punitives contre les trafiquants plutôt que les victimes.

La pauvreté, l’inégalité entre les sexes, le manque d’éducation et la discrimination contre des minorités ethniques sont des facteurs-clefs contribuant à la traite, alors que la guerre ou les conflits armés, la violence conjugale, le matérialisme et la demande pour des rapports sexuels avec des enfants contribuent tous à ce problème complexe. Certains enfants sont enlevés ou attirés par des promesses d’éducation, de nouvelles compétences ou de « bons emplois », alors que d’autres quittent leur pays et leur communauté de plein gré avec l’espoir de trouver une vie meilleure.

Il n’existe pas d’estimation exacte du nombre d’enfants victimes de la traite. Cela s’explique par le fait que la pratique est cachée et donc difficile à évaluer, et qu’il n’existe pas de méthodologie commune pour compter le nombre de victimes de la traite. La traite peut se produire au-delà des frontières ou à l’intérieur d’un pays. Lorsqu’il s’agit de traite internationale, les trafiquants ont tout intérêt à maintenir leurs victimes dans un environnement étranger où elles sont non seulement vulnérables par rapport aux lois locales en matière d’immigration étant donné qu’elles sont entrées illégalement dans le pays, mais aussi désavantagées par rapport à leur ignorance des lois, de la culture et de la langue de ce pays. La traite à l’intérieur d’un pays est moins répandue que la traite au delà des frontières, bien qu’elle existe aussi des milieux ruraux vers les milieux urbains. Cependant, les enfants victimes de la traite à l’étranger peuvent continuer à être déplacés à l’intérieur du pays de destination afin d’éviter d’être repérés.

La traite transfrontalière peut être catégorisée selon les pays d’origine, les pays de destination et les pays de transit (les voies d’accès à un autre pays ou une autre région). Certains pays peuvent appartenir à ces trois catégories. Le Guatemala, par exemple, peut être considéré comme un pays d’origine, car des enfants de ce pays ont été victimes de traite à destination du Mexique ou des États-Unis. Il s’agit également un pays de destination pour des enfants provenant du Salvador, du Honduras et du Nicaragua. Il s’agit enfin d’un pays de transit pour d’autres enfants originaires des pays voisins d’Amérique centrale qui sont victimes de traite à destination des États-Unis.

ECPAT fait pression pour que des législations efficaces soient adoptées contre la traite de sorte que les trafiquants soient couples de crime plutôt que leurs victimes. Inspiré par une approche basée sur les droits de l’enfant, ECPAT soutient des programmes qui abordent les causes profondes de la traite d’enfant, qui développent des mesures pour améliorer la mise en œuvre de lois contre la traite d’enfants, et qui offrent des services de qualité aux enfants victimes. ECPAT travaille aussi avec les autorités responsables du maintien des lois dans le cadre d’activités de formation pour le personnel de différents niveaux (officiers de police, procureurs, juges, etc.), en plus de coordonner les informations au sein du réseau mondial d’ECPAT pour aider à identifier les trafiquants, et d’établir des liens dans le but d’assurer l’assistance et le soutien aux enfants qui en sont victimes. Les projets d’ECPAT en matière de prévention de la traite incluent des analyses de la situation, des campagnes de sensibilisation ciblant les communautés, les victimes potentielles et le grand public pour faire face au problème de la demande, l’éducation pour les enfants, la formation professionnelle et des opportunités génératrices de revenus pour les adolescents vulnérables plus âgés ou pour les victimes de traite, la mise sur pied de groupe de soutien pour les enfants, d’autres initiatives de sensibilisation et de plaidoyer dirigées par des enfants et des jeunes, et la création de lignes directes (help-lines) pour fournir des informations aux émigrants potentiels (enfants et adultes) au sujet des risques liés à la migration.